Que cherchent les nouveaux développeurs Horeca ?

À l’inverse, un ancien Horeca vide, juste en face, sans fonds de commerce ni clientèle et en état franchement moyen, voit défiler plusieurs dizaines de demandes en quelques jours. Le marché est-il devenu fou ? Les développeurs Horeca ont-ils cessé de rechercher des établissements rentables ? Ou assistons-nous simplement à un profond changement de leurs critères de sélection ? Une chose est certaine : plus de 65 % des candidats qui nous contactent aujourd’hui ne recherchent plus un fonds de commerce performant à reprendre, mais un lieu dans lequel développer leur propre concept. Une évolution qui bouleverse les codes du marché. Décryptage…

La question principale aujourd’hui n’est plus la rentabilité

Pendant des décennies, reprendre un Horeca revenait avant tout à reprendre une entreprise. Les candidats analysaient les bilans, le bail commercial, l’état du matériel, la stabilité du personnel ou encore la réputation de l’établissement. Les plus méticuleux passaient même plusieurs jours à observer discrètement le nombre de clients entrant et sortant, tant les comptes annuels ne reflétaient pas toujours fidèlement la réalité du terrain. Cette époque n’a pas totalement disparu, mais elle ne représente plus la majorité des profils que nous rencontrons. Les premières questions ont changé. Est-il bien situé dans telle ou telle rue ? Quelle est la largeur de la vitrine ? Est-ce un angle ? Y-a-t ’il un contrat d’obligation brasseur ? Le local bénéficie-t-il d’une belle luminosité ? Peut-on y développer facilement un nouveau concept ? La logique économique a progressivement laissé une place importante à une logique purement créative. Les nouveaux développeurs n’achètent plus une activité ; ils recherchent désormais un support capable de donner vie à leur propre projet. Et si pour cela il faut payer un fonds de commerce, ce sera à contrecœur et après une (très) franche négociation, parfois jugée hostile.

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Réinventer plutôt que reprendre

Le changement est particulièrement visible auprès des nouvelles générations d’entrepreneur·euse·s. Avec des moyens souvent plus limités que leurs aînés (et cela changera d’ici quelques années, nous le leur souhaitons, une fois l’expérience acquise), mais une volonté indécrottable de créer un établissement à leur image, comme un signe à la postérité, la Gen Z et la Gen Y dans une moindre mesure, accordent une importance toute particulière au potentiel du lieu plutôt qu’à son passé, fût-il glorieux. Un beau carrelage de ciment, une façade de caractère, une large vitrine, l’ambiance d’une rue ou encore un loyer bas peuvent aujourd’hui peser davantage dans une décision d’achat qu’un chiffre d’affaires confortable, un staff efficace ou une rentabilité prouvée. Le quartier est devenu un critère à part entière. Beaucoup préfèrent patienter plusieurs mois pour obtenir l’adresse convoitée plutôt que reprendre immédiatement un établissement pourtant rentable dans un secteur qui ne correspond pas à leur identité. Les plus belles affaires ne sont donc plus systématiquement les plus convoitées. Et beaucoup de cédants ne comprennent pas ce move récent, en continuant à pratiquer les prix d’une autre époque, destinés à une autre génération.

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