Talia, l’architecte de la vision
Diplômée en management hôtelier (Vlerick Business School), passée par Novotel et Thon Hotels, Talia revient au bercail en 2013. L’hôtel est alors en difficulté financière. Elle entame un assainissement en profondeur : efficacité opérationnelle, montée en gamme, redéfinition de l’offre. Trois ans de travail qui laissent entrevoir un potentiel, mais surtout la frustration d’un hôtel figé dans un modèle sans âme. Puis vient le Covid. Un moment charnière.
« Je n’avais plus aucune rentrée financière, mais ça m’a permis de poser les bases du nouveau concept », confiera-t-elle.
Talia comprend alors que pour réinventer l’hôtel, il faut oser repartir de zéro et revoir l’identité, la décoration, la restauration et le rapport au quartier.Elle rêve d’un hôtel à taille humaine, ancré dans Bruxelles, incarné par des femmes.
Aïcha, le pilier opérationnel
En 2017, Aïcha rejoint Talia. Solide, méthodique, dotée d’un instinct inné pour la relation client, elle devient rapidement la garante des opérations.
Durant les trois ans de chantier (fondations renforcées, démolition d’une annexe, réorganisation structurelle), Aïcha tient la barre. Elle gère les équipes de travailleurs tout en maintenant l’hôtel ouvert malgré les marteaux-piqueurs.
« Les tarifs étaient bas, mais le service devait rester au top. On veillait à chaque détail », explique-t-elle.
C’est elle qui orchestre la montée de la note Booking, de 6,8 à 7,7 en trois ans, malgré les travaux Au duo, Talia apporte la vision, Aïcha l’exécution. Ensemble, elles deviennent les co-pilotes d’un même rêve.
Repenser l’hospitalité à la gare du Midi : un acte engagé
Leur ambition dépasse la rénovation d’un bâtiment. Elles veulent changer le regard sur le quartier. « On veut revaloriser Bruxelles-Midi, casser les clichés », affirme Aïcha. Ça passe par une architecture signée Michel Penneman, figure du design hôtelier bruxellois (le Pantone, le White, Urban Yard), des fresques de quatre artistes féminines – 10EME Arte, Lucile Vanlaecken, Atelier Louves, Stéphanie Fontaine, un ancrage local assumé, un design chaleureux mais graphique, des chambres à la fois élégantes et aux couloirs bordeaux, émeraude et bleu saphir, un restaurant lumineux transformé en NOOK, espace food healthy pensé pour les voyageurs mais aussi les habitants. Le Jill est devenu un hybride : hôtel, refuge urbain, lieu de vie.
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L’audace du 0% alcool
Fin 2025, elles prennent la décision de supprimer totalement l’alcool du bar pour adopter un modèle de “sober life”. Un choix risqué qui se révèle… un succès. Place aux mocktails premium et aux boissons sans alcool. La clientèle adhère et le bar devient un laboratoire d’expériences.
« Le 0% s’est imposé comme une opportunité d’innovation, pas comme une contrainte », explique Talia.
Jill devient alors le premier hôtel belge à assumer un concept alcool-free comme identité forte.
Un hôtel pensé comme une signature personnelle

Dans les chambres Cosy, Homy, Family ou Signature, on retrouve la personnalité du duo comme l’exigence de Talia dans le choix des matériaux et le sens du détail d’Aïcha dans les flux, la circulation, les standards de service, et ce désir partagé de créer un hôtel qui “fait du bien”.
Désormais, l’hôtel arbore le label Green Key et le label Queer Destination, garantissant un accueil safe pour les voyageurs LGBTQIA+. La symbiose avec le quartier fonctionne avec un superbe patio idéal pour les afterworks, un vaste espace de coworking, une salle de sport, une petite restauration locale et de qualité.
Créer une nouvelle génération d’hôtels familiaux
Jill n’est pas un aboutissement car les deux fondatrices travaillent déjà sur l’idée de créer une collection d’hôtels à contre-courant, plus humains que les chaînes, plus stylés que les business hotels, plus durables que les modèles traditionnels et pensés pour les nouvelles générations de voyageurs.
