Avec plus de 35.000 habitants, Auderghem dispose d’un tissu Horeca discret mais bien présent. La commune compte aujourd’hui près de 90 établissements, principalement des brasseries et restaurants, gérés pour la plupart par des entrepreneurs locaux. Un paysage à taille humaine, loin des grandes chaînes ou des concepts standardisés. Rencontre avec Martine Maelschalck, échevine de l’emploi, économie locale, mobilité et égalité des chances.

Dans cette commune, l’Horeca repose avant tout sur des personnalités et des parcours individuels. Les établissements qui fonctionnent le mieux sont souvent ceux où le patron est présent, derrière le comptoir ou en cuisine. Des restaurateurs passionnés, parfois ouverts quelques jours par semaine seulement, mais profondément ancrés dans leur quartier.
Un Horeca fidèle à son esprit de quartier
« La force d’Auderghem réside dans cet esprit de proximité. Les habitants restent attachés à des lieux simples et chaleureux, des adresses où l’on se retrouve pour dîner, discuter ou partager un verre. Mais les attentes évoluent », explique Martine Maelschalck. « Plusieurs habitants évoquent le désir de voir s’ouvrir des bars conviviaux et des adresses pour afterwork. La demande se tourne également vers des concepts plus contemporains comme des bistrots de quartier revisités proposant une cuisine de qualité dans une ambiance décontractée ».
Certaines initiatives vont déjà dans ce sens. Autour de la place Pinoy, des adresses comme Le Bienvenu incarnent ce bistrot de quartier où l’on vient se retrouver. À Saint-Julien, le café Noko apporte une touche plus actuelle et conviviale. D’autres établissements tentent également de dynamiser la vie locale, comme Bistro Bobo, près de l’avenue Lebon, ou La Botte, place Pinoy.
Lire aussi > OK Coffee Studio : réintroduire le café durable dans l’Horeca
La chaussée de Wavre, un enjeu central
À Auderghem, le véritable défi pour l’Horeca reste la chaussée de Wavre, un axe commercial historique de la commune. Si certaines adresses y ont pignon sur rue, plusieurs cellules commerciales ont fermé ces dernières années. La redynamisation de cette artère – en particulier le bas de la chaussée – constitue aujourd’hui un objectif partagé. La proximité du centre culturel d’Auderghem offre d’ailleurs un potentiel intéressant : certains restaurants accueillent les clients avant les spectacles tandis que d’autres prolongent la soirée après les représentations.
Des atouts concrets pour attirer les restaurateurs
Pour soutenir le développement du secteur, la commune met en avant plusieurs leviers comme une accessibilité aisée, le parking gratuit avec zone bleue, des terrasses et enseignes gratuites pour les établissements Horeca et un accompagnement par le service économie locale en collaboration avec des structures comme hub.brussels.
Pour dynamiser et encourager le marché, la commune applique également une taxe sur les locaux inoccupés.
Une commune verte qui mise aussi sur l’événementiel
Au-delà de l’offre permanente, Auderghem développe également une dimension événementielle. La commune accueille notamment un food festival deux fois par an, ainsi qu’un marché de Noël artisanal et un autre autour du site du Rouge-Cloître, dont les bâtiments font actuellement l’objet de rénovations. Par ailleurs, plusieurs projets d’urbanisme pourraient renforcer l’attractivité locale, notamment les réflexions autour du site Demey (et de l’hypermarché Carrefour) et de ses développements immobiliers et commerciaux.
Attirer une nouvelle génération
Aujourd’hui, l’enjeu est clair, il s’agit de retenir les jeunes publics, qui se tournent souvent vers les quartiers plus animés du centre de Bruxelles pour leurs sorties.
Pour y parvenir, Auderghem devra sans doute encourager l’émergence de nouveaux concepts : bars vivants, petites tables créatives, lieux hybrides mêlant gastronomie et culture. Dans cette commune résidentielle et verdoyante, l’Horeca possède déjà une base solide. Reste désormais à transformer cet équilibre en véritable destination locale de convivialité.






