Rencontre avec la marraine de Be Cheffe, Marie Trignon

« La première question que j’ai posée lorsqu’on m’a proposé d’être la marraine de Be Cheffe, c’est de savoir si je pouvais être en cuisine  pour soutenir les filles », explique Marie. « Ce type de compétition est avant tout un partage, une découverte d’autres cheffes, d’autres méthodes… et parfois des rencontres inattendues. » C’est ce qu’elle a vécu lors de sa participation au prix du Lady Chef 2023. Ce souvenir nourrit aujourd’hui son rôle de marraine de Be Cheffe. Plus qu’un regard extérieur, elle revendique une présence active. Avec, en fil rouge, cette conviction que la cuisine est un métier de rigueur… mais surtout un métier de cœur.

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Marie Trignon.

Une bonne mise en place et la répétition

Dans sa vision, la performance en cuisine ne doit rien au hasard. « Une bonne mise en place doublée d’une organisation optimale, tout est dans la répétition des gestes. » Cette rigueur s’accompagne d’un regard lucide sur elle-même. Après chaque service, elle s’évalue. Un 7, parfois un 8. Jamais un 10. « On doit toujours faire mieux que la veille. On doute tous les jours à chaque service. Les attentes d’un client ne seront pas la même que celles d’un autre. Le doute, loin d’être un frein, devient moteur. Une tension nécessaire pour continuer à affiner, ajuster, surprendre », ajoute Marie.

Devenue cheffe « sur le tard » comme elle le souligne, Marie Trignon observe avec intérêt l’évolution du métier. Elle a vu les modèles autoritaires céder la place à une cuisine de dialogue. « On est davantage à l’écoute. On cherche à comprendre pourquoi ça n’a pas fonctionné. » Dans sa brigade, l’organisation reste essentielle, mais l’approche est plus fluide. Les rôles existent, mais les frontières s’assouplissent. « On est une famille. Mon rôle, c’est la cohésion. » Une vision nourrie par son expérience familiale mais aussi celle dans d’autres grandes maisons comme celles d’Alain Ducasse, où elle a mesuré l’importance du détail.

Femmes, cuisine et leadership

Face aux candidates, ses critères sont précis : une organisation irréprochable, un plan de travail propre et structuré, une présentation soignée car « on mange aussi avec les yeux » et oser sortir des sentiers battus. Il y a aussi l’utilisation intelligente du produit « Ils coûtent de plus en plus cher et cela m’intéresse de voir jusqu’où on les utilise. Rien ne doit être perdu. ».

« Ce qui nous distingue, ce n’est pas le genre, c’est le savoir-faire, la réflexion sur un plat » explique Marie. Elle rappelle une réalité encore trop peu mise en lumière, celle des femmes cheffes d’entreprise. « On n’a pas toujours poussé les femmes à diriger. Être en cuisine et gérer une équipe, ce sont deux métiers différents. » L’équilibre entre vie professionnelle et personnelle reste un enjeu. Mais les lignes bougent. « Les mentalités évoluent. Le partenariat dans le couple, la répartition des tâches… ça libère les femmes. »

Marie Trignon, cheffe étoilée de La Roseraie à Modave © Flash&Fourchette
© Flash&Fourchette.

Le sens du détail… dès le premier contact

Pour elle, l’excellence ne s’arrête pas à l’assiette. « Tout commence lors du premier coup de fil, du premier email du client On doit être irréprochable. » Une vision globale du métier, où l’expérience client est pensée comme un tout. « Le restaurant est un théâtre. La scène est prête… mais chaque représentation est différente. Ma plus grande fierté, c’est lorsque les clients réservent à nouveau à la fin du repas.» Et cette émotion, elle la vit encore, service après service. Quant aux jeunes talents dont elle s’entoure, elle privilégie l’attitude à la maîtrise parfaite. « La technique s’acquiert. Ce qui compte, c’est l’envie d’apprendre, de proposer, de comprendre où l’on est. Il ne faut pas vouloir aller trop vite et brûler les étapes. »

Pour elle, l’excellence ne s’arrête pas à l’assiette. « Tout commence lors du premier coup de fil, du premier email du client On doit être irréprochable. » Une vision globale du métier, où l’expérience client est pensée comme un tout. « Le restaurant est un théâtre. La scène est prête… mais chaque représentation est différente. Ma plus grande fierté, c’est lorsque les clients réservent à nouveau à la fin du repas.» Et cette émotion, elle la vit encore, service après service. Quant aux jeunes talents dont elle s’entoure, elle privilégie l’attitude à la maîtrise parfaite. « La technique s’acquiert. Ce qui compte, c’est l’envie d’apprendre, de proposer, de comprendre où l’on est. Il ne faut pas vouloir aller trop vite et brûler les étapes. »

Lire aussi > Be Cheffe 2026 : Line Couvreur, la cuisine comme langage sensible

Be Cheffe, révéler les talents féminins

Lancé par Horeca Brussels, le concours Be Cheffe vise à soutenir et à mettre en lumière les femmes dans les métiers de la gastronomie. Chaque année, des cuisinières venues de toute la Belgique participent à un parcours mêlant mentorat, rencontres professionnelles et épreuves culinaires. Plus qu’un concours, l’initiative est devenue un véritable réseau d’entraide et de transmission destiné à encourager une nouvelle génération de cheffes à prendre leur place dans un secteur encore largement masculin. 

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