Renouvellement du bail commercial

1. Principes généraux

2. Conditions à respecter par le locataire

Qui peut demander le renouvellement ?

 Le locataire, ses ayants droit ou son mandataire.

En présence de plusieurs locataires, une demande de renouvellement unique, signée par tous les locataires ou par leurs mandataires respectifs est recommandé.

À qui adresser la demande ?

Au bailleur ou, le cas échéant, à son mandataire.

En présence de plusieurs bailleurs, la demande de renouvellement doit être envoyée à chacun d’eux individuellement, chaque demande devant être valable de manière autonome.

Quand faire la demande ?

Délai légal : 18 mois au plus et 15 mois au moins avant l’expiration du bail en cours.

Cela laisse au locataire une période de 3 mois pour transmettre sa demande au bailleur.

Exemples :

  • Si le bail se termine le 31/03/2027, la demande de renouvellement doit être envoyée entre le 30/09/2025 et le 30/12/2025.
  • Si le bail se termine le 31/12/2027, la demande de renouvellement doit être envoyée entre le 30/06/2026 et le 29/09/2026.
Comment notifier la demande ?

Par lettre recommandée ou par exploit d’huissier.

La charge de la preuve de l’accomplissement de cette formalité repose sur le locataire, il est par conséquent conseillé, en cas d’envoi par lettre recommandée, d’utiliser la formalité de l’accusé de réception.

Mentions obligatoires

Conditions proposées pour le renouvellement (éventuellement les mêmes que celles du bail en cours).

Reproduction textuelle de la mention suivante :

« À défaut de notification par le bailleur, par exploit d’huissier de justice ou par lettre recommandée et dans les trois mois, de son refus motivé de renouvellement, de la stipulation de conditions différentes ou d’offres d’un tiers, le bailleur sera présumé consentir au renouvellement du bail aux conditions proposées. »

Régularisation de la demande en cas d’irrégularité

 Une lettre complémentaire (lettre recommandée ou exploit d’huissier) peut être envoyée, à condition de le faire dans le délai légal imparti (18 mois au plus et 15 mois au moins avant l’expiration du bail en cours).

3. Réponse du bailleur

Qui peut répondre à la demande de renouvellement ?

 Le bailleur ou, le cas échéant, son mandataire, ou la personne ayant le pouvoir de donner à bail au moment de la réponse (héritiers du bailleur, cessionnaire du bail, acquéreur de l’immeuble, usufruitier).

En présence de plusieurs bailleurs, le refus d’un seul d’entre eux suffit à empêcher le renouvellement.

À qui doit être adressée la réponse ?

L’auteur de la demande de renouvellement, généralement le locataire ou son mandataire.

Si la demande provient d’un mandataire, il est tout de même conseillé d’adresser la réponse non seulement au locataire, mais aussi à ce mandataire.

Quel est le délai de réponse ?

3 mois à compter de la notification de la demande.

En cas de régularisation de la demande par le locataire, le délai commence à courir à partir de cette nouvelle notification.

A défaut de réponse du bailleur ou de réponse irrégulière dans le délai légal, celui-ci est présumé accepter le renouvellement du bail aux conditions proposées par le locataire.

Comment notifier la réponse ?

Par lettre recommandée ou par exploit d’huissier.

Le bailleur n’est pas tenu d’utiliser la même voie que celle choisie par le locataire pour envoyer sa demande de renouvellement.

Options du bailleur

Le bailleur a le choix entre plusieurs options :

  1. Acceptation : Aux conditions proposées par le locataire.
  2. Renouvellement à des conditions différentes : Si le locataire n’est pas d’accord, il doit saisir le juge dans les 30 jours. Si, à l’issue de la procédure, le juge accorde un renouvellement du bail avec des conditions différentes de celles proposées par le locataire, ce dernier dispose de 15 jours à compter de la signification du jugement pour se désister de sa demande de renouvellement.
  3. Refus motivé ou non : Voir tableau ci-après.
MOTIF INDEMNISATION CONDITIONS SUPPLÉMENTAIRES
Occupation personnelle Aucune (sauf exceptions, voir art. 25 al. 1er, 2°, 3° et 6° de la Loi) • Mise en œuvre dans les 6 mois
• Occupation pendant au moins 2 ans
Changement d’affectation (usage non commercial) 1 an de loyer (sauf exception, voir art. 25 al. 1er, 3° de la Loi) • Nouvelle affectation doit être effective
• Mise en œuvre dans les 6 mois et maintien pendant 2 ans au moins
Démolition / reconstruction 1 an de loyer (sauf exception, voir art. 25 al. 1er, 3° de la Loi) • Travaux sur le gros œuvre
• Coût doit excéder 3 ans de loyer
• Mise en œuvre dans les 6 mois et maintien pendant 2 ans
Manquements graves du locataire Aucune • Spécifier les motifs graves justifiant le refus
Offre d’un tiers • Aucune si le nouveau locataire n’exerce pas une activité commerciale
• 1 an de loyer si le nouveau locataire exerce une activité commerciale différente
• 2 ans de loyer si le nouveau locataire exerce une activité similaire (déclarée)
• 3 ans de loyer si le nouveau locataire exerce une activité similaire (non déclarée) avant 2 ans
• Respect d’un formalisme strict pour permettre au locataire de s’aligner (art. 21, 22 et 23 de la Loi)
Absence d’intérêt légitime Aucune Possibilité pour le locataire d’exercer un commerce similaire à proximité
Sans motifs 3 ans de loyer Pas de justification nécessaire
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