Be-Solutions : (Re)financer son projet Horeca

Vous entreprenez un projet Horeca ou souhaitez donner un nouvel élan à votre entreprise ? Il est crucial de considérer les différentes solutions de (re)financement disponibles. Si le sujet reste nébuleux pour de nombreux.ses gestionnaires d’établissements, Pierre Hermant, CEO de Finance&invest.brussels, était présent à l’Apéro Club du 26 juin 2023 pour partager ses connaissances à ce propos.

Principe de base

Lors du lancement d’un projet, la « création de valeur » nécessite des investissements qui doivent être financés et suffisamment rentables. Un exemple concret et simple est celui d’une pizzeria : “Bien que je produise actuellement un volume constant de pizzas et que j’aie un nombre de clients stable, je pourrais considérablement augmenter ma production si j’avais un deuxième four à pizza.” Cet investissement spécifique a le potentiel de créer de la richesse de manière évidente, mais requiert un financement dédié. Ainsi, il est impératif de mobiliser différentes sources de financement, accessibles en démontrant sa viabilité économique. Attention, tout financement implique le remboursement d’intérêts, mais il existe néanmoins de nombreuses aides à ce niveau.

Ampoule remplie de billets de banque, symbole de création de valeur et d’investissement rentable.

La chaîne de financement des entreprises

Lors de vos interactions avec un investisseur, il revêt une importance cruciale d’évaluer la phase actuelle de votre entreprise. Êtes-vous déjà opérationnel ? Êtes-vous en pleine croissance, en quête d’expansion ? Peut-être envisagez-vous l’acquisition d’un autre établissement, voire la transmission de votre activité ? Pour chacun de ces scénarios, des solutions de financement spécifiques existent. Il s’avère essentiel de déterminer les parties prenantes qui seront acteur.rice.s de votre projet.

  • Les primes : elles constituent la première source de financement lorsque vous avez clairement ciblé votre projet, car elles vous octroient des fonds sans nécessiter de remboursement. Pour en savoir davantage sur les subventions, référez-vous à l’article La chasse aux primes est ouverte, publié dans la sixième édition du magazine Be Horeca.
  • Les fonds propres : votre propre investissement (le montant que vous injectez dans le projet – prouvant ainsi votre engagement), ainsi que les contributions financières de vos proches, que l’on appelle communément les « Friends, Family and Fools ».
  • Les prêts bancaires traditionnels (prêts de financement).
  • Le leasing et le financement d’équipements (il peut être plus avantageux de les louer plutôt que de les acquérir).
  • Les crédits fournisseurs : dans ce cas, il est essentiel de prendre en considération les engagements liés à ces crédits (quelles sont les obligations qui vous sont imposées ?).
  • Les périodes de loyer exemptées : il est fréquent à Bruxelles que les nouveaux établissements bénéficient de plusieurs mois de loyer gratuit au début de leur activité.
  • Le financement participatif / crowdlending / crowdfunding.
  • Le Fonds Bruxellois de Garantie : lorsque la question de la garantie se pose, le Fonds Bruxellois peut fournir des garanties ou d’autres instruments afin de faciliter le financement.

Finance&invest.brussels dispose de plusieurs formules et produits qui soutiennent les petites et grandes entreprises. Ils ont pour but de compléter et de faciliter la chaîne de financement.

Finance&invest.brussels

Par où commencer ?

Avant de vous engager dans un processus de financement, il est essentiel de vous poser les questions pertinentes :

  1. Quel est votre apport initial ?
  2. Quelles garanties êtes-vous en mesure de fournir ? La demande de garanties est presque incontournable.
  3. Quelles sont les primes existantes et y avez-vous droit ? L’outil numérique de Bruxelles Économie et Emploi se révèle très convivial pour vous guider dans cette démarche.
  4. Quel est le prix de la dette (banque, prêt subordonné…) ? Généralement, les taux proposés par les banques sont les plus avantageux. En effet, assumant un risque plus élevé, les taux de Finance&invest.brussels peuvent être légèrement supérieurs.

Les erreurs à éviter

  • Vouloir aller trop vite et fermer les yeux sur les engagements exigés par certains prêteurs : Soyez attentif à ne pas vous associer trop rapidement avec un partenaire potentiellement problématique simplement pour éviter de faire un prêt. Soyez également vigilant vis-à-vis des fournisseurs exigeant des conditions qui dépasseraient fortement vos coûts d’approvisionnement.
  • Financer le court terme avec du long terme : Il est crucial de faire correspondre la durée de financement avec la durée de vie des actifs. Par exemple, si un entrepreneur achète du matériel de cuisine à courte durée de vie d’une valeur de 20.000€ avec un crédit de caisse, il risque de devoir le payer à la mort du matériel, 4 ans plus tard, engendrant un cercle vicieux. Il est préférable d’utiliser un financement correspondant à la durée d’utilisation du matériel, afin de répartir les paiements sur cette période.
  • Ne pas bien calculer la capacité de remboursement : Procédez à une analyse similaire à celle que vous feriez pour vos finances personnelles. Assurez-vous d’inclure suffisamment de liquidités dans vos prévisions pour couvrir les remboursements des prêts que vous avez souscrits. Ne pas prévoir de « réserve » (3 à 6 mois de trésorerie). L’importance d’une réserve financière a notamment été mise en évidence par la crise du Covid-19. Visez à constituer une réserve équivalant à trois à six mois de vos besoins de trésorerie.
  • Ne pas bien calculer le besoin de financement : Il peut être très instructif de confronter votre plan d’affaires à l’avis d’experts ayant déjà ouvert des commerces ou ayant une expérience étroite du secteur. Une discussion avec de telles personnes peut être extrêmement constructive et enrichissante, car elles sont souvent en mesure de donner un avis objectif. Cela vaut la peine de solliciter ces retours, même si cela implique d’accepter des critiques constructives, car cela peut être extrêmement bénéfique pour renforcer la valeur de votre projet. Finance&invest.brussels se doivent de fournir une perspective franche, en indiquant quand ils pensent qu’un projet pourrait ne pas réussir.

Les points d’attention

  • Quel est votre « track record » ? Les investisseurs examinent toujours vos antécédents. Avoir connu un échec n’est pas nécessairement une source de honte, en particulier si vous pouvez expliquer les raisons derrière cet échec ainsi que la manière dont vous l’avez abordé. Parfois, une personne ayant surmonté un échec peut apporter davantage de valeur, car elle sera plus résiliente et attentive aux détails pour les projets futurs.
  • Ne pas oublier un poste important dans votre business plan.
  • Quelle est votre méthode de calcul de marge ?
  • Êtes-vous capable de parler de « l’environnement concurrentiel » de votre projet ? Avoir une conscience aiguë des concepts similaires dans votre quartier ainsi que votre plan pour vous distinguer peut être décisif.
  • La folie des grandeurs pour une première expérience n’est pas l’idéal : Finance&invest.brussels encourage l’ambition. Cependant, viser trop haut pour une première entreprise n’est pas toujours optimal. S’endetter excessivement pour un mobilier ultra-design dès le départ peut ne pas être nécessaire. En atténuant les risques en testant un concept, l’entrepreneur.se sera plus en mesure d’attirer d’autres parties prenantes (notamment des clients partageant sa vision), ce qui peut se traduire par des contributions plus substantielles. Osez l’entrepreneuriat, tout en remettant constamment en question vos besoins de financement.
Partager cet article :

À lire également

gestionnaire de restaurant qui lit la newsletter Horeca Brussels sur une tablette
Le Brief Horeca

Soyez le premier informé,
pas le dernier à réagir

Inscrivez-vous à notre liste de diffusion des actualités du secteur. Vous recevrez ponctuellement des infos concrètes et fiables, pensées pour les pros qui n’ont pas de temps à perdre.