Be Q&A : Comment évaluer la valeur de son fonds de commerce Horeca ?

Pas toujours facile d’évaluer ce type de « bien ». Entre éléments matériels et immatériels, comment trouver la solution médiane ?

Vendeur et acheteur rament… en sens contraire

« Cela revient à estimer du « vent » ! Mais un vent favorable peut vous mener à de beaux succès… »

Et dans les faits, ça donne quoi ?

Si fixer la valeur d’un fonds de commerce Horeca reste un exercice complexe, des gens de métiers (notamment le cabinet Sorgeloose & Trice) peuvent se targuer de baigner dans ce monde merveilleux depuis plusieurs décennies. Il en résulte une connaissance fine dans leur chef du marché au jour le jour, et une vision claire des prix de vente obtenus sur base de différents facteurs (bien différents des prix de vente « affichés » sur différents sites, lesquels sont souvent pris en compte, erronément, par le quidam pour fixer son prix de vente). Et ces facteurs sont aussi nombreux que créatifs, dans la mesure où chacun appréciera le prix à l’aulne de son propre projet.
« Évaluer le juste prix est complexe car chacun.e aura sa propre vision de ce qui est juste »

Soyons précis

Évaluer le juste prix est complexe car chacun aura sa propre vision de ce qui est juste. Oubliez toutefois les professionnel.le.s qui vous promettent 100% à 150% de votre chiffre d’affaires en guise de prix ou des multiples d’EBITDA (en français dans le texte Bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement) délirants. Autant attendre Godot. Si ces méthodes peuvent relever de justesse dans certains marchés voisins (Paris par exemple), cela n’est en rien le cas sur le marché belge, dont Bruxelles reste la place la plus propice où obtenir de « beaux » prix.
vitrine commerce à vendre ou a louer

Néanmoins, ces 2 techniques précitées restent les plus réalistes : fixer un prix de vente sur base d’un ratio du chiffre d’affaires annuel reste à nos yeux LA base. Une autre technique consiste en la fixation d’un multiple de l’EBITDA, étant un ratio comptable permettant d’évaluer le chiffre d’affaires diminué des différentes charges courantes. Ce ratio met dès lors en exergue le réel profit généré par l’entreprise, sans tenir compte de ses contraintes fiscales ou de sa politique d’investissement, en résumé donc, sa profitabilité.

Partez sur une base réaliste, et faites l’exercice des avantages et inconvénients sur 2 colonnes, prenant soin de prendre en considération les nombreux éléments cités plus haut. Si le cœur vous en dit, pondérez ces éléments en fonction de l’importance que vous souhaitez leur accorder. Dans la méthode du ratio du chiffre d’affaires annuel, si vous souhaitez être précis, prenez en compte la moyenne des 3 derniers exercices, et si ce chiffre est en progression constante, évitez la moyenne et tenez-en compte. Si le Covid est passé par là, nous éviterons de tenir compte de ces années particulières qui ne reflètent aucune réalité d’un marché normal. Le marché table sur des ratios allant de 20% à 50% du chiffre d’affaires, (très) rarement plus. Dans la méthode des multiples d’EBITDA, cela peut aller de 4 à 6.

Ces méthodologies vous garantissent de ne pas raconter d’âneries en annonçant un prix, mais soyez certains, en tant qu’acheteur, que vous ferez tôt ou tard face à quantité de dossiers faisant mentir ces théories, où les ratios / multiples seront bien plus élevés. Cela tient au fait que d’autres facteurs, moins spécifiquement économiques, y sont prépondérants : un bail commercial bétonné de longue durée, un espace grandiose même s’il est à rénover en profondeur, une bâtisse au style inimitable, un loyer ridiculement bas, une institution très courue à voir comme un trophée, … combien de dossiers avons-nous vu passer où, malgré un bilan catastrophique et un état déplorable de l’équipement, des acheteurs ont brisé leur tirelire pour se l’offrir.

Une fois ce prix fixé correctement et validé par vos conseils, encore faudra-t-il trouver l’acheteur ramant dans le même sens que vous ! Si vous êtes acheteur.euse, doutez-vous bien que vos beaux yeux et votre argumentaire de choc sur votre nouveau concept ne recevront généralement qu’un accueil tiède voire froid. Un vendeur.euse vend ce qu’il possède, et n’envisage pas, sauf urgence ou péril, de négocier largement à la baisse car pour votre concept inédit de glacier vous n’avez pas besoin de sa toute nouvelle cuisine professionnelle. Une opération se conclura si elle est Win Win, et vue comme telle par chacune des parties. Enfin, écoutez les conseiller.ère.s et courtier.ère.s auxquels vous faites appel : ils/elles ne sont pas là pour faire perdre de l’argent, mais pour vendre au prix du marché. N’oubliez pas non plus que le temps qui passe c’est de l’argent et des opportunités qui passent également. Pour conclure : il y a un acheteur.euse pour chaque affaire, le seul élément pouvant les éloigner est une méconnaissance du prix à annoncer. Affaire à suivre…

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