TVA et Horeca : êtes-vous sûr de servir le bon taux ?

Les taux de TVA dans l’Horeca : l’essentiel à retenir

Cadre légal

Repas consommés sur place

Vente à emporter ou livraison

deux pitas à emporter au food truck

Cas spécifique : foodtrucks et snacks mobiles

food truck bleu turquoise

Repas et boissons via des distributeurs automatiques

Les ventes réalisées par l’intermédiaire de distributeurs automatiques sont, par nature, qualifiées de livraisons de biens au sens du Code de la TVA.

Le taux applicable dépend exclusivement de la nature du produit fourni :

  • Boissons non alcoolisées (sodas en canette, jus conditionnés, eaux en bouteille, cafés ou thés, etc.) : taux réduit de 6 % si reprises à l’Annexe A,
  • Boissons alcoolisées (bières, vins, spiritueux, etc.) : taux de 21 %.

Il en va de même pour les plats préparés et conditionnés (pâtes en barquette, croque-monsieur, potages, etc.) : 6% si le produit figure dans l’Annexe A, sinon 21%.

Le lieu d’installation du distributeur (hall d’entreprise, salle d’attente, en rue, etc.) est sans incidence sur la qualification de l’opération.

TVA dans l’hôtellerie

Depuis le 1er mars 2026, le taux de TVA applicable au secteur de l’hébergement touristique passe de 6 % à 12 % pour l’ensemble des formes de logement meublé avec services (hôtels, B&B, chambres d’hôtes, locations de courte durée professionnelles) ainsi que pour les emplacements de camping, sans modification des règles d’assujettissement existantes. Les locations immobilières “pures”, sans prestations hôtelières, restent quant à elles exonérées. Les services accessoires — comme le wifi, le parking ou le sauna — suivent le taux du logement (12 %), tandis que certains postes conservent leur régime propre, à l’image du minibar (restauration) et du petit-déjeuner (12 %). Une attention particulière est à porter aux cas hybrides, notamment dans les campings (bungalows, chalets), où la qualification dépend de la présence ou non de services. Enfin, une période transitoire est confirmée : le taux de 6 % reste applicable aux réservations effectuées au plus tard le 28 février 2026, pour autant que la TVA soit exigible avant le 30 juin 2026 — un mécanisme essentiel pour éviter que les exploitants ne supportent eux-mêmes la hausse sur des prix déjà fixés.

Ventilation et justification des taux

Conformément aux dispositions du Code de la TVA et de l’arrêté royal n° 1 du 29 décembre 1992 pris pour son exécution, toute opération comportant des biens ou services soumis à des taux différents doit faire l’objet d’une ventilation explicite sur les documents justificatifs (factures, tickets de caisse).

Les systèmes de caisse enregistreuse (SCE) doivent donc être paramétrer de manière à distinguer chaque catégorie de produits et à garantir la traçabilité complète.

À défaut, l’administration fiscale peut :

  • requalifier l’ensemble de l’opération en appliquant le taux le plus élevé (21 %) ;
  • Infliger des amendes forfaitaires ou proportionnelles ;
  • Réclamer des intérêts de retard sur la TVA non perçue.

La charge de la preuve repose sur l’assujetti ce qui implique la conservation d’une documentation complète et régulièrement actualisée. Celle-ci inclut notamment les fiches techniques des produits, les menus ou cartes tarifaires, les paramètres de configuration du SCE, les rapports d’audit éventuels du système, ainsi que les documents commerciaux détaillant les taux appliqués.

Le régime de franchise TVA : champ d’application et limites pratiques

En vertu de l’article 56bis du Code de la TVA, les assujettis établis en Belgique peuvent opter pour le régime de franchise pour autant que leur chiffre d’affaires annuel n’excède pas 25.000 € hors TVA. Une tolérance de 10 % au-delà de ce seuil est également prévue.

Ce régime dérogatoire, à caractère facultatif, dispense de facturation de la TVA, de dépôt de déclarations périodiques et de certaines obligations formelles. En contrepartie, aucune déduction de TVA n’est possible.

Il s’applique principalement aux très petites structures (snacks mobiles, activités occasionnelles, etc.)

Cependant, ce régime est incompatible avec l’utilisation d’un système de caisse enregistreuse (SCE), même activé de manière volontaire. En effet, l’activation d’un du SCE implique la délivrance systématique de tickets comportant les mentions obligatoires en matière de TVA, ce qui contrevient au principe fondamental de non-perception de la taxe propre au régime de franchise.

le dépassement du seuil entraîne automatiquement le basculement dans le régime normal, ce qui implique que les professionnels doivent dès lors exercer une vigilance accrue, notamment en cas de pic saisonnier ou d’extension d’activité (livraison, événements, etc.), afin d’anticiper tout changement de régime et d’éviter des conséquences fiscales imprévues.

À noter : à partir du 1er juillet 2025, les conditions d’accès au régime de franchise feront l’objet d’un encadrement renforcé dans le cadre de la réforme européenne dite « franchise TVA 2025 ».

Conclusion

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