AFSCA : le « super-vilain » qui vous veut du bien
Super-héros des consommateurs, « super-vilain » de l’Horeca, l’AFSCA a une mission : la sécurité de la chaîne alimentaire. Nous avons rencontré Aline Van den Broeck, porte-parole de l’organe de contrôle, afin de déconstruire les mythes et d’unir nos forces pour un monde meilleur.
On dit souvent que l’AFSCA a une vision pessimiste de l’Horeca. Vrai ou faux ?
Nous n’avons d’a priori sur aucun secteur. L’Horeca est un acteur important car il est en contact immédiat avec les consommateurs et il a donc un impact direct sur leur santé. Globalement, c’est un secteur pour et avec lequel on travaille assez bien : on est conscients des difficultés qu’il rencontre (on a d’ailleurs suspendu l’obligation de contribution à l’AFSCA pendant la période COVID – soit pas moins de 20 millions d’euros pour les années 2020 et 2021) mais notre priorité reste la sécurité de la chaîne alimentaire et la protection des consommateur.rice.s. En Belgique, aller au restaurant est source de plaisir, grâce à l’expertise des restaurateur.rice.s, et ce plaisir doit rester. Nous veillons donc à ce que les moins bons acteurs deviennent meilleurs. Finalement, nous aussi, nous aimons passer un bon moment au restaurant !

Les inspecteur.rice.s ne sont pas compréhensif.ve.s de la réalité du terrain : ils/elles viennent en plein service et basent leur avis sur la photographie d’un instant T pas nécessairement représentatif de la gestion de l’établissement.
Nous sommes conscients que ce contrôle à un instant T est ponctuel – tout comme l’est la visite d’un.e client.e. On arrive au milieu du service car c’est à ce moment-là que les choses se passent. L’inspecteur.rice veille toujours à ne pas entraver le travail. Ce qui nous intéresse, c’est l’aspect permanent de la gestion du risque. C’est pourquoi la mise en place d’un système d’auto-contrôle est obligatoire depuis de nombreuses années. La fréquence des contrôles est établie en fonction du risque de l’activité de l’établissement lui-même (par exemple, un poissonnier sera plus souvent contrôlé qu’un boulanger) et est réduite si l’opérateur fait certifier son système d’auto-contrôle.
Le guide d’auto-contrôle de l’AFSCA est disponible sur le site de la Fédération Horeca Bruxelles dans la partie « Documents ».
L’AFSCA contrôle et sanctionne sans fournir de conseil.

On ne peut pas dépasser notre mission et nos compétences : un contrôleur qui constate qu’un plan de travail n’est pas adéquat va fournir à l’opérateur les critères auxquels il doit répondre mais ne va pas conseiller de marques ou de produits spécifiques. Par contre, nous avons depuis 15 ans une cellule de vulgarisation et d’accompagnement qui a pour but d’aider les opérateur.rice.s à mieux comprendre la législation sur la sécurité alimentaire et à appliquer correctement les règlementations en fonction de leurs activités. Cette cellule est notamment présente dans les grandes foires Horeca (comme HORECATEL, Horeca Expo et Saveurs et Métiers). Depuis fin 2021, nous proposons une formation en e-learning qui s’adresse aux cuisines de collectivités mais aussi aux bouchers, aux commerçant.e.s, aux éleveurs et à l’Horeca et qui se décline en 5 grands chapitres. La formation est accessible en ligne, dure environ 4h selon les besoins et connaissances de chacun.e. A la fin de chaque module, un questionnaire permet de tester ses connaissances. A ce jour, depuis le lancement de cet e-learning, plus de 3200 personnes (dont 1600 du secteur HORECA) ont pris part à ces formations.
L’AFSCA organise également des sessions d’information en ligne ou en présentiel sur des sujets précis (comme la gestion des dates de péremption, des températures, etc.).
La méconnaissance est légitime et les contrôles sur place ne sont pas suffisants si les opérateurs ne jouent pas le jeu. Depuis 2011, l’HoReCa peut bénéficier de l’alternative à l’amende administrative suite à un un procès-verbal d’avertissement. En effet, la participation à une formation peut entraîner la suppression de l’amende. C’est en travaillant ensemble en toute transparence qu’on peut atteindre le plus haut niveau de sécurité alimentaire.
L’AFSCA est « drama queen » et exagère dans ses comptes rendus
L’AFSCA est un organe de contrôle du respect de la législation. Cette dernière est fixée dans une large mesure au niveau européen et est en partie déclinée dans la législation belge. Les règles ne sont donc pas créées par l’AFSCA. Notre but est de vérifier que la loi soit appliquée et respectée dans le secteur car c’est au travers de la loi que le consommateur est protégé. Nous veillons à ce que les entreprises alimentaires garantissent des aliments sûrs, que tout soit ok au niveau de la sécurité, qu’il n’y ait pas de danger et donc pas de risque d’intoxication alimentaire par exemple.
Comment vous préparer en toute sérénité à une visite de l’AFSCA ?
- Présence de dispositif pour le lavage des mains : il y a suffisamment de lavabos équipés d’eau courante chaude et froide (ou mixte), utilisation des robinets sans contact direct avec les mains, un système de lavage et de séchage hygiénique des mains et un avis selon lequel le lavage des mains est obligatoire après l’usage des toilettes.
- Absence d’animaux domestiques et de nuisibles : il n’y a pas d’animaux domestiques (exception possible dans l’espace de consommation) ni d’animaux nuisibles.
- Locaux propres : les espaces/locaux où des denrées alimentaires sont préparées, manipulées ou transformées sont en bon état et propres.
- Surfaces propres : les surfaces en contact avec les denrées alimentaires (y compris les installations et équipements) sont propres, bien nettoyées et, si nécessaire, désinfectées.
- Absence de denrées alimentaires avariées ou dont la date limite de consommation est dépassée ou impropres à la consommation humaine.
- Communication sur les allergènes : pour les denrées alimentaires non-préemballées, la transmission des informations sur les allergènes PAR ÉCRIT est disponible à l’endroit où la denrée alimentaire est mise en vente, clairement lisible, exacte et complète. Pour plus d’infos, consultez la page du site web de l’AFSCA dédiée à ce sujet via ce lien.
- Pour les denrées alimentaires non-préemballées, l’information sur les allergènes peut être donnée oralement sans délai (au client et au C/I) sur place où la denrée alimentaire est proposée à la vente.
- Respect de la chaîne du chaud/du froid : les températures des produits réfrigérés sont conformes et la chaîne du froid est respectée.
- Les températures des produits surgelés sont respectées.
- La chaîne du chaud est respectée (minimum 60 °C).
- Décongélation de denrées selon les bonnes pratiques et dans des conditions adéquates.
- Des restes provenant d’assiettes, verres, etc… ne sont pas réutilisés.
- De l’eau potable est utilisée là où c’est nécessaire.
- Bonne hygiène personnelle et vêtements adéquats et propres.
- Les denrées alimentaires sont transportées à la température requise.






