La capitale n’a jamais autant aimé manger. Et surtout, elle n’a jamais autant aimé les concepts bien ficelés.
Ces derniers mois, plusieurs nouvelles adresses ont ouvert leurs portes aux quatre coins de notre belle région. Certaines ressuscitent des institutions de quartier, d’autres surfent sur les grandes tendances internationales. Mais toutes racontent quelque chose de l’évolution de l’Horeca bruxellois : plus ambitieux, plus identitaire et moins frileux qu’il y a quelques années.
Le Shake : la brasserie parisienne version Woluwe
Certaines adresses changent de nom sans vraiment changer. D’autres profitent d’un nouveau départ pour redéfinir complètement leur identité. À Woluwe-Saint-Pierre, Le Shake appartient clairement à la deuxième catégorie. Les habitués du quartier connaissaient déjà l’établissement sous le nom de Shake Hands. Une adresse historique reprise en 1998 par le père de Jonathan, qui y a pratiquement grandi avant d’en reprendre aujourd’hui les rênes avec son épouse Liora. Une histoire de transmission familiale.
Résultat ? Une adresse qui regarde du côté des grandes brasseries parisiennes sans tomber dans le pastiche. Bois foncé, laiton, large cave à vins, bar central et grande terrasse ensoleillée composent le décor.
Dans l’assiette, même logique. Escargots de Bourgogne, os à moelle, rognons de veau, tartare coupé au couteau ou vol-au-vent aux ris de veau assument pleinement l’héritage brasserie. Une cuisine de classiques exécutés avec sérieux plutôt qu’une course à l’originalité.
Où ? Av. Orban 208, 1150 Woluwe-Saint-Pierre
Coudboul : le glacier qui pense comme un chef
Pendant longtemps, une glace était une glace. Vanille, chocolat, fraise… Fin de l’histoire. Cette époque est désormais révolue avec Coudboul. Installée place du Jeu de Balle, dans les Marolles, l’adresse attire déjà son petit public de passionnés grâce à une approche qui emprunte davantage à la gastronomie qu’à la glacerie traditionnelle : tomate-sarriette, café-mandarine, nèfle-sauge, bergamote ou mascarpone-gochujang…
Les parfums évoluent constamment selon les inspirations et les produits disponibles. L’autre bonne idée de la maison est de permettre aux clients de composer eux-mêmes leur affogato. Et parce que la gourmandise appelle rarement la modération, viennoiseries, cakes et roulés à la cannelle viennent compléter l’offre.
Où ? Place du Jeu de Balle 6, 1000 Bruxelles
Seoul South Station : le Korean fried chicken voit grand
Il y a quatre ans, Seoul South Station n’était qu’un petit kiosque à Louvain. Aujourd’hui, l’enseigne ouvre rue du Bailli son adresse la plus ambitieuse à ce jour, et probablement la plus révélatrice de son succès. Derrière le projet, Filip Kuzminski, 27 ans, qui a eu une intuition simple : alors que la culture coréenne explosait en Belgique via les séries, la musique et les réseaux sociaux, l’offre food restait encore limitée. Plutôt que de proposer une carte interminable, Seoul South Station s’est construit autour d’un seul produit : le Korean fried chicken.
Le nouveau flagship pousse l’expérience plus loin avec un décor inspiré des rues de Séoul : néons, bornes d’arcade, distributeurs automatiques, stickers et esthétique urbaine assumée.
Au menu, le poulet frit reste la vedette, accompagné de burgers, bowls, kimchi, pickles et désormais de tteokbokki, ces fameux rice cakes omniprésents dans la street food coréenne.
L’adresse marque aussi le lancement d’une bière maison, développée avec la brasserie bruxelloise Tipsy Tribe.
Où ? Rue du Bailli 104, 1050 Ixelles
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Le Guépard : le retour de la vraie brasserie de quartier
À Bruxelles, ouvrir une nouvelle brasserie est presque devenu un acte militant. Au Châtelain, Le Guépard revendique clairement cette ambition. Derrière le projet, trois noms bien connus de l’Horeca bruxellois : Léopold van der Gracht, Tanguy Soille et Charles Levie, déjà à l’origine du Café des Minimes, du Café Circus, du Cheval Marin ou encore de Chez Jacky.
Leur idée est simple : recréer un lieu où l’on peut venir aussi bien pour un œuf mayo que pour un jambonneau, un verre au bar ou un long déjeuner en terrasse. En cuisine, Alexandre Cardoso, ancien des Caves d’Alex, signe une carte qui assume pleinement les grands classiques du genre. Poireaux vinaigrette, croquettes, os à moelle, terrines, vol-au-vent, carbonnade, blanquette, rognons ou ris de veau composent une partition qui sent bon les nappes blanches et les plats qui mijotent longtemps.
Avec plus de 180 places entre l’intérieur et la terrasse, l’une des plus ensoleillées du quartier, Le Guépard joue la carte du grand établissement populaire. Un pari qui arrive à un moment intéressant. Alors que beaucoup de concepts misent sur l’ultra-spécialisation, une partie du public semble redécouvrir le plaisir des adresses capables d’accueillir tout le monde, à n’importe quelle heure.
Où ? Rue de l’Aqueduc 76, 1050 Ixelles

