Portes grandes ouvertes alors que la clim tourne à l’intérieur, terrasses chauffées en plein hiver… Ces pratiques très énergivores restent fréquentes dans l’Horeca. C’est précisément de ce constat qu’est née l’idée d’interdire les chauffages de terrasse dans l’espace public. Nos voisins français ont déjà franchi le pas au printemps dernier. Mais chez nous, où en est-on ?
Interview : Romane Henkinbrant
Dans la Ville de Bruxelles, à Jette, Ixelles ou encore Woluwe-Saint-Lambert, les chauffages ont été remplacés par des plaids. Ailleurs dans la Région, les établissements continuent toutefois d’attirer leur clientèle avec des poêles et autres systèmes de chauffage extérieur. Faut-il harmoniser les règles pour tout le territoire régional ? Alain Maron, Ministre de l’Environnement, du Climat et de l’Énergie (Ecolo), y réfléchit. Il a récemment annoncé vouloir interdire le chauffage extérieur dans l’espace public.
Un projet qui, initialement, devait contribuer aux engagements européens en matière de réduction de la consommation énergétique, et qui tombe aujourd’hui à point nommé dans le contexte de crise énergétique. À cela s’ajoutent des arguments esthétiques et de sécurité : limiter les attroupements en plein air, souvent sources de nuisances plus difficiles à maîtriser.
Entre inquiétude et incompréhension
Cette annonce désoriente une partie des exploitants : alors que les autorités avaient encouragé l’extension des terrasses durant la crise sanitaire — ce qui a parfois impliqué des investissements importants — l’interdiction envisagée semble remettre en cause cette possibilité en réduisant considérablement le confort offert.
Tant que les règles ne sont pas uniformes sur l’ensemble du pays, une crainte subsiste : celle de voir les clients se tourner vers des communes ou régions plus souples que Bruxelles.
À ce jour, l’interdiction des chauffages de terrasse relève encore de la compétence communale.
Un problème plus global
Et si le véritable enjeu résidait dans le fait que les Bruxellois — et plus largement les Belges — ne sont pas égaux devant la loi ?
Actuellement, la gestion des chauffages de terrasse dépend de chaque commune, créant de facto une inégalité entre restaurateurs.
Une réglementation unifiée à l’échelle de la Région bruxelloise (et de ses 19 communes) permettrait d’éviter une forme de concurrence déloyale.
Quelles alternatives pour continuer à profiter des terrasses ?
Mettre des plaids à disposition ? Installer des systèmes contre les courants d’air ?
Reste à voir si des mesures de soutien accompagneront ces adaptations éventuelles.






